Paul Cézanne
     
 

EXPO DE PHOTOS : BERNARD PLOSSU

Bernard Plossu

Né en 1945 au Sud-Vietnam, Il fait ses premières photographies au Sahara en compagnie de son père qui l’initie au désert et aux voyages. Il a vécu entre 1965 et 1985 au Mexique et en Californie. Préfacé par Denis Roche, «Le Voyage mexicain» paraît en 1979 aux éditions Contre-Jour.

Sa première grande exposition, «Les paysages intermédiaires» se déroule en 1988 à Paris, au Centre Georges Pompidou. La seconde en 1997, à l’Institut d’Art Moderne de Valence, en Espagne. Ses multiples expositions et voyages l’ont conduit à photographier les déserts d’Amérique, le Rhajastan, la Turquie et le Mali.

Depuis 1992, il vit à La Ciotat en compagnie de Françoise Nunez et de leurs enfants, Joaquim et Manuela : Marseille, Porquerolles, la réserve géologique de Digne et la Villa Noailles d’Hyères, l’Andalousie, les îles de la Méditerranée, Rome, l’Egypte, le Pas de Calais ou bien encore Bruxelles relèvent de ses explorations.

Parmi la soixantaine de livres qu’il a publiés, à côté de «Retrospective 1963-2006» des éditions des Deux Terres (250 images, textes de Gilles Mora, Alain Sayag, Jean-Christophe Bailly), on peut détacher «L’Europe du sud contemporaine», édité en 1999 par Images en Manoeuvres, ainsi qu’une commande de la Région Paca «Monuments et paysages» (Actes-Sud, juin 2006).

L’exposition de Bernard Plossu, menée conjointement par l’Atelier Cézanne et La Librairie-Galerie Alain Paire s’inscrit dans le cadre d’un travail de coproduction qui se poursuit depuis juin 2003. Auparavant, avec d’autres partenaires - le Pavillon de Vendôme, l’Ecole supérieure d’art d’Aix en Provence et la Brasserie de la Mairie - plusieurs «Parcours dans la ville» ont déja été programmés avec le concours d’Anne-Marie Pêcheur, Vincent Bioulès, Marie Ducaté (en 2004), François Mezzapelle (2005) et Paul Coupille (février 2006). Les 15 et 16 décembre 2006, une nouvelle exposition sera construite autour des travaux du peintre et dessinateur aixois Jean-Pierre Blanche.

Librairie -Galerie Alain Paire
10 rue des Marseillais 13100 Aix en Provence.
Tél. 04.42.96.23.67.

«Photographies de Bernard Plossu» et signature de son livre «Retrospective 1960-2006» (édition des Deux Terres)
Ouvert du mardi au samedi de 15 h à 18 h 30
Vernissage le vendredi 17 novembre à partir de 18 h

Atelier Cézanne
9 avenue Paul Cézanne, 13090 Aix en Provence.
Tel. 04.42.21.06.53.
« Photographies de Bernard Plossu, Aix et la Provence»
Ouvert tous les jours de 10 h à 12 h et de 14 h à 17h

Vernissage le samedi 18 novembre à partir de 11 h.


Bernard Plosu, voyageur sans bagages

Agripper ce qui se fraye dans les brumes de l’aube, capter entre chien et loup un détail infime qui se voile, suspendre son regard en face de l’élégance native d’une passante, appréhender l’écho soudain d’une conversation dans un compartiment de train, faire perdurer le rêve de deux enfants qui jouent sur une plage de Porquerolles, contempler l’architecture d’un moignon de bâtiment qui conserve involontairement l’empreinte mélancolique des énigmes de Chirico...

Promeneur infatigable, Bernard Plossu recherche des ricochets plus ou moins improbables, travaille sans raccords ni coutures, anticipe rarement l’inscription de sa prochaine image. Dans l’exposition de l’Atelier des Lauves, on aperçoit des embarcadères et des arbustes sauvagement battus par le Mistral, les crêtes et l’assise d’un chateau devenu l’ultime demeure de Pablo Picasso, une Citroën d’après-guerre qui traverse la maussaderie d’une Zac, des reliefs d’atlantes, la découpe du portail sculpté d’un hôtel particulier d’Aix en Provence pour partie absorbé par le décor d’une brasserie. Les légendes de certaines photographies mentionnent quelquefois La Ciotat, depuis deux décennies port d’attache et base de travail de Bernard Plossu.

La nuit est noire et blanche. Une main feuillette des pages qui parlent d’errances et de voyages qui n’ont pas de cesse. La signification purement locale s’efface promptement. Quelque chose se désancre et se descelle, des ombres qui nous sont chères ou bien des fragments d’inconnu viennent à notre rencontre. Une voiture qui stationne tous feux éteints, les palmes et les embruns d’un virage, une chaussée détrempée, les palissades et les terrasses des restaurants laissent imaginer un travelling de Wim Wenders, esquissent les profils des demeures solitaires croisées parmi les toiles d’Edward Hopper.

Dans cette série hasardeusement composée, «Près d’Aubagne, 1993» est une image indocile, Dépourvue d’intention et de mythologie. Dans la buée d’une vitre de train, voici la courbe d’un chemin, des bouquets d’arbres enténébrés, une fenêtre condamnée, la toiture d’un clocheton qui s’amenuise, le mur défait d’une grange et les vestiges d’une ferme. «Ce n’est rien», écrivait Rimbaud : «j’y suis, j’y suis toujours».

Alain Paire.


Renseignements :
Atelier Cézanne
9 avenue Paul Cézanne
13090 Aix-en-Provence
Tél : 04 42 21 06 53 - Fax : 04 42 21 90 34
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