ARCHIVE : EXPOSITION
2006-2007
JEAN-PIERRE BLANCHE

• Biographie Jean-Pierre Blanche •
Jean-Pierre Blanche est né à Paris en 1927. Pensionnaire en
1955 de la Villa El-Tif d’Alger, il séjourne au Liban de 1960 à 1962.
Il est en 1977 lauréat du Grand Prix International de Monaco, enseigne à l’Ecole
d’Architecture de Luminy jusqu’en 1990. Il habite la proximité d’Aix
en Provence depuis 1965.
L’Atelier Cézanne et la galerie Athanor de Marseille ont accueilli
ses travaux en 1993 et 1998. Pierre Courthion, Fréderic-Jacques Temple,
Xavier Girard, Vincent Bioulès et Annick Pegouret ont rédigé des
textes à son propos. Intitulés «Actualité du motif»,
une exposition et un catalogue ont été composés en juin
2006 en bordure de la route de Vauvenargues, grâce aux soins de l’association
200 rd 10/Lieu d’art contemporain. Plusieurs de ses oeuvres viennent
d’être acquises et seront présentées lors de la
prochaine ouverture du Musée Fabre de Montpellier.
• Lieux •
- Librairie-Galerie Alain Paire
et
- Atelier Cézanne

• Descriptif •
Jean-Pierre Blanche - Peintures et dessins
En bordure de la Chapelle Saint Mitre et des chemins qui
montent vers Eguilles, trois ou quatre pièces en enfilade souplement incises dans une bastide
du XVIII° siècle forment depuis plus de vingt ans l’aire
de travail de Jean-Pierre Blanche. Un immense cèdre, les collines
et les canisses de la proche campagne, les arcatures d’une orangerie,
des champs d’oliviers et des enchevêtrements de roseaux, les
marais salants du Languedoc, la Crau et la Camargue, les rivages et les
horizons de la Bretagne, la proximité du Ventoux ou bien encore
les criques et les escarpements de la corniche de Marseille, des graminées,
des nuées et les souffles du vent requièrent ses explorations.
Avec leurs étagements et leurs vastes étendues, les soins
accordés à chacune de leurs parcelles et leurs très
fines harmonies, les motifs déployés par Jean-Pierre Blanche
me ramènent souvent au terme anglais de landscape. Ses huiles et ses
pastels s’arc-boutent sur plusieurs saisons, trouvent progressivement
leurs nuances et leur justesse, s’étoilent et se recomposent
en atelier, au terme de toutes sortes de détours et de découvertes.
Ses tensions, ses désirs et ses souvenirs engendrent de subtiles condensations,
ses conclusions conjuguent ensemble plusieurs lignes mélodiques. Tendre
les cordes de la lyre, faire sourdre sur la toile de nouvelles nervures,
des lieux de jointure et des points de ralliement, ne pas masquer l’indiscipline,
la multiplicité et la prodigalité des mystères du monde
pas plus que les trames et les tourments du temps qui passe, implique un
intense travail d’écoute, de minutieuses décantations,
une discrète rigueur d’énonciation.
La fermeté de cette diction n’empêche pas la prévalence
d’une étonnante légèreté. Ce microcosme
est merveilleusement vivant : sa course, ses musiques et ses pulsations ne
se ralentissent pas. Le dénouement, l’achèvement de son
tableau ne réside pas uniquement comme Blanche l’indique pour
partie en manière de provocation, «dans la boîte de couleurs»,
parmi les ressources de l’encre noire, de la craie, du fusain et du
pastel. Les revers du temps, le mince semis du souvenir n’entravent
pas la saveur et la fluidité. Ces paysages électifs relèvent
d’un silence et d’une croyance beaucoup plus immenses. En dépit
ici et là d’un voilement des couleurs à l’intérieur
duquel le deuil ou bien la mélancolie pourraient fermenter, une profonde
unité fait respirer la vastitude de l’espace, le regard qui
ressaisit les multiples indices de la surface peinte ne rencontre pas d’accroc.
On ne peut que s’émerveiller en face des rehauts et des embellies
que Jean-Pierre Blanche accomplit quotidiennement. Sans faire d’histoires
ni de drames, il se situe à contre-courant par rapport aux normes
de l’art d’aujourd’hui. Au-dessus de l’encadrement
d’une porte de son domicile autrefois façonné par des
oratoriens, il a tracé au crayon une citation aprocryphe de Mozart
où l’on affirme que «les gens tristes ne sont pas sérieux».
Charles Denner et André Boucourechliev pour évoquer ceux qui
sont partis, Vincent Bioulès, le plus proche de ses compagnons dans
l’ordre de la peinture, Pierre Guyotat et Blandine Verlet sont quelques-uns
de ses amis. Toutes proportions gardées, parce que son style d’existence
relève d’une grande élégance et d’une vraie
retenue, je voulais me souvenir à son propos d’une fugitive
remarque de Charles-Albert Cingria, proférée quand il songeait à Modigliani
: «il n’a pas cessé d’être un gentilhomme».
Alain Paire
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